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Opinion. « Un accord pour un nouveau Bosch en Aveyron »

Près de 8 mois d’intenses négociations entre le Groupe Bosch et les organisations syndicales d’Onet-le-Château ont été nécessaires pour finaliser un accord après l’annonce électrochoc de suppression de plus de 700 postes à l’horizon 2025-2027 faite le 19 mars 2021.

L’accord signé le 9 décembre 2021 entre le Groupe Bosch et les 4 syndicats CGC , CFDT, SUD et CGT doit permettre de gérer socialement les collaborateurs qui souhaitent quitter l’usine et d’assurer le financement par Bosch d’un plan de retraite anticipée, et donc d’éviter tout départ contraint comme les syndicats l’ont déjà obtenu après les négociations chez Airbus à Toulouse il y a un an.

Cet accord permettra de nouveaux investissements pour 2022.

Mais pour le bassin d’emploi et l’Aveyron, une page se tourne puisque cette usine ne retrouvera plus les 2000 emplois, 2000 contrats à durée indéterminée qu’elle a eus jusqu’au 31 décembre 2005.

Le saut dans le véhicule électrique réduit considérablement les emplois dans l’industrie automobile, 250 000 emplois directs en Europe seront supprimés dont 70 000 en France. Le choix de la transformation industrielle pour succéder au diesel, de prendre le virage de la filière hydrogène est une 1re étape puisque l’usine deviendra le site de fabrication mondiale de la batterie à hydrogène pour les camions réfrigérés, projet qualifié de fresh2 avec un soutien fort de la Région Occitanie et de l’État.

Le travail de diversification doit se poursuivre, le site est en capacité d’accueillir de nouvelles activités.

Le Groupe de recherche et d’innovation qui a été créé dès mars 2018 pour le site de Rodez doit être salué. Les partenariats avec l’École des Mines d’Albi et le Groupe SAFRA implanté dans cette même ville permettent à Bosch d’être au cœur de l’écosystème régional. La proximité avec le Groupe BRALEY, producteur d’hydrogène vert, est aussi un atout dans la construction d’un réseau de production d’hydrogène régional et européen.

L’Union européenne a prévu la fabrication de 100 000 camions à hydrogène en 2025.

Mais il faut dire aussi que cette nouvelle énergie l’hydrogène vert (donc décarbonée) nécessitera beaucoup d’eau et encore plus d’électricité à bas coût, il faudra donc une énergie décarbonée flexible, c’est-à-dire disponible tous les jours de la semaine, et durable ; c’est l’énergie nucléaire qui permettra à la France de produire cette énergie à bas coût, elle sera aussi nécessaire pour équiper les bornes électriques qui doivent aussi être disponibles pour les consommateurs nuit et jour.

Enfin, cet accord doit permettre de convaincre le Groupe Bosch, mais aussi des investisseurs de faire le choix de l’Aveyron et de Rodez parce que Bosch reste une référence dans le monde pour la qualité de ses produits et l’innovation.

Au regard d’une actualité industrielle très difficile pour l’Aveyron, il faut aussi renforcer la filière automobile de la Mecanic Valley et savoir agir en solidarité avec la région et avec l’État.

La disparition de centaines d’emplois ne fait sourire personne, la perte d’emplois industriels est toujours l’affaiblissement d’une région et d’un pays ; le PIB de la France en matière d’industrie est à 12 %, il est de 14 % en Espagne, 18 % en Italie et de 24 % en Allemagne.

L’Aveyron doit renforcer dans toutes ses filières une économie de production et son appareil de formation.

Jean-Louis Chauzy,
Président du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional (CESER) Occitanie / Pyrénées-Méditerranée

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