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D2 Féminine. « Je n’ai pas souvent vu un groupe comme ça » (Mathieu Rufié, coach des Rafettes)

Dimanche, les joueuses du Rodez Aveyron Football se sont imposées à Nice, 1 à 0. Un but marqué par Zoé Stievenart, à la 89e… Et synonyme de billet pour la D1. Alors qu’il reste 2 matchs à jouer aux Rafettes avant la fin de saison, retour sur cette belle saison avec le coach, Mathieu Rufié, qui s’est confié sur l’émotion après la victoire, la saison, le groupe, et l’avenir. 

Vous avez dû, dimanche, passer par toutes les émotions. Il fallait une victoire pour décrocher officiellement la montée, et vous marquez à la 89e. Comment avez-vous vécu cette rencontre ?

La première a été difficile, parce que l’on s’est fait vraiment bouger. Elles avaient un plan précis pour nous embêter, qui a plutôt bien marché. Après, on s’est réajusté à la mi-temps. On a été mieux. Après, en première, on fait un poteau comme elles. En seconde, elles ont des grosses situations, mais on a quand même plus d’actions franches. Il y a eu plusieurs sentiments. Parce que la fin de match approchant, je ne le voyais pas comme il faut le gagner, mais il ne faut pas le perdre. Avec un nul, on les laissait à 8 points, et il ne nous en manquait qu’un pour être sûr de monter. J’étais plus à protéger le 0/0. Et puis à la fin, on a ce ballon qui est mal renvoyé, qui traîne… Ou tu marques. C’est juste avant la fin, donc en termes d’émotions, c’est super fort. Mais c’est à l’image de leur saison, surtout à l’image des matchs retour. Ou souvent, on n’a pas été exceptionnels, mais ou elles ont trouvé les ressources pour aller prendre des points ou l’on ne s’y attendait pas.

Vous avez souvent évoqué, après plusieurs rencontres, la résilience, la solidarité, l’état d’esprit des filles pour aller chercher une victoire. Ce qui correspond aux valeurs du club.

On a eu plusieurs phases. Il y a eu le début de championnat où dans le jeu, on balbutiait, on n’y arrivait pas. On a changé le système, on en a parlé. On a réussi à mettre les joueuses dans des meilleures conditions par rapport à leurs qualités. Derrière, on a eu cette phase jusqu’à Noel, ou on gagnait les matchs avec une grosse maîtrise, avec beaucoup d’occasions, en concédant peu. On a peu pris de buts. Et depuis janvier, on est plus dans le mal. Parce que l’on nous connaît mieux aussi, les autres savent à quoi s’attendre. Mais elles arrivent toujours à s’en sortir. Il n’y a que contre Evian où l’on se fait rejoindre à la fin. Et contre Yzeure, en Coupe de France, ou l’on fait un mauvais match. Sinon, elles ont réussi à aller tout chercher. Alors que c’était dur.

Depuis 3 ans, c’est la première saison qui ira à son terme, après deux saisons tronquées par l’épidémie. Est-ce que la fatigue peut aussi expliquer que ça soit plus dur depuis janvier ?

Oui même si, il n’y a pas que nous qui soyons fatigués. Toutes les équipes doivent être dans le mal physiquement. C’est pour tout le monde quasiment, sauf pour les joueuses qui ont joué en D1 l’an dernier. Je pense surtout que les autres savaient plus à quoi s’attendre contre nous. Mais que malgré ça, certainement, on avait une solidarité, une résilience, oui, au-dessus de la moyenne dans ce groupe. Ce qui nous a permis d’aller gagner à Yzeure dans un match super fermé, de gagner à la dernière minute contre Nice, d’aller gagner contre Nîmes dans les 10 dernières minutes, de gagner contre Marseille en étant mené… Tout ce genre de match qui sont révélateurs de l’état d’esprit de ce groupe. 

La joie des Rafettes, après leur victoire à Nice, synonyme de montée en D1. @Facebook RAF @Fontana studio photo

Souvent, en fin de match, vous étiez surpris de ce qu’elles avaient donné en fin de match, de ce qu’elles étaient allées chercher, malgré un sentiment parfois de fatigue. C’est ce que vous retenez de cette saison ?

Ce que je retiens, c’est comment il vit ce groupe. Au-delà de ce qu’il fait sur le terrain, c’est comment il vit. Je n’ai pas souvent vu ça. Ce sont vraiment des filles qui ont du plaisir à passer du temps ensemble, au-delà des entraînements et des matchs. Qui en ont fait un mot d’ordre de passer du temps ensemble. C’est super plaisant pour le staff. Ce sont elles qui l’ont créé aussi. Notre travail en amont, dans nos choix de recrutement et dans ce que l’on a pu faire avant la saison, a pu faire que ça a facilité cette création d’osmose, de solidarité. Mais derrière, elles ont su le développer, l’entretenir. Elles ont pris leurs responsabilités. Je pense que les anciennes, qui étaient au début les seules garantes de cet état d’esprit, ont su tirer tout le monde avec elles. Les nouvelles et les plus jeunes ont su apprendre à aimer ce club. Et ce groupe. C’est énorme. C’est plus que s’entraîner et jouer ensemble, c’est comme une famille.

Pour vous, c’est ce plus là, qui a permis sur des matchs plus durs d’aller chercher la montée ?

C’est sûr, c’est certain. Elles ne passent pas H 24 ensemble. Mais la fille de 18 ans, elle s’entend bien avec Océane Saunier qui a 31 ans. Dimanche, quand on est rentré, ce sont les 3 staffs qui étaient à Nice et les 16 joueuses qui sont allés le fêter. Ce ne sont pas 8 joueuses d’un côté, 5 de l’autre… Et le staff à la maison. Il y a vraiment un truc particulier, que je ne sais pas trop expliquer. 

Il y 12 ans, quand les filles étaient montées pour la première fois en D1, on parlait alors du supplément d’âme des Rafettes. Des valeurs qui faisaient que même si c’était un petit club, avec moins de moyens que d’autres, elles ont réussi pendant des années à évoluer au plus haut niveau. Est-ce qu’au final, ce groupe ne l’aurait pas comme à l’époque ?

Oui, je pense. J’étais jeune entraîneur à cette époque-là. Je connaissais certaines joueuses et je les suivais. Et je me souviens, les dimanches soir, quand on allait boire un coup au Bowling avec mon club, il y avait toujours les Rafettes. J’ai souvenir que les filles que je connaissais, me disais que c’était une famille. Je pense qu’il y a des similitudes entre ce groupe qui est monté il y a 12 ans, et celui que l’on a construit, et qu’elles ont fait vivre elles-mêmes cette année. Ça se ressemble. Michèle Thuéry faisait partie de l’aventure, je pense qu’elle pourrait faire des comparaisons. Certes, ça a évolué, mais en termes d’état d’esprit, d’identité, de valeurs, je pense que ça se ressemble.

Les Ruthénoises, solidaires, résilientes, avec un état d’esprit irréprochable, ont vécu une très belle saison@Ruthénois.com

Il reste 2 matchs à jouer avant la fin de la saison. Est-ce que vous vous êtes fait un challenge où vous laissez les filles prendre le maximum de plaisir. Notamment dimanche avec les supporters, qui vous ont sûrement manqué à Nice ?

Il y avait quand même du monde à Nice. Notamment les familles des joueuses, comme partout d’ailleurs. Maintenant, non, je n’ai rien fixé. Elles se sont fixées, on s’est fixé d’être championne de France de D2, puisqu’il a un titre qui est décerné. C’est très bien qu’il y ait cet objectif-là. Ce n’est quand même pas évident de revenir sur terre. Il y aura du plaisir dimanche si on est sérieuses. Mais je pense qu’elles sont assez grandes pour rebasculer en mode match. On a envie de gagner les deux derniers et de finir au max de points. Le match de dimanche, il faut qu’on l’aborde en profitant certes, mais on pourra prendre vraiment du plaisir si on est sérieuses, qu’on démontre qu’on mérite d’y aller, qu’on joue à notre niveau.

Vous avez réalisé tout de suite où il a fallu un peu de temps pour comprendre ce que vous aviez fait ?

Tu réalises tout de suite parce que tu es dans l’émotion. Tu sais que tu montes. Donc, oui, tu réalises. Mais en prendre la mesure, je ne pense pas. Tu vas boxer dans une autre catégorie. Il y a pas mal de choses qui vont changer. On a un peu de temps pour le réaliser.

La joie du vestiaire après une victoire. Ici, à Grenoble, le prochain adversaire des Rafettes. @Facebook RAF

C’est une belle aventure qui recommence…

Oui, mais depuis qu’on est descendu, ça a beaucoup évolué en D1. Ça continue d’avancer et assez vite. Il va vite falloir mesurer ou l’on met les pieds. Mais c’est très bien, c’est génial pour le club, pour la ville que l’on reparte en D1. Il faut savourer aussi.

Vous serez le coach des Rafettes en D1 ?

Oui

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